Libération du médecin urgentiste de Bayonne

Le médecin urgentiste de Bayonne a relancé le débat sur l’euthanasie il y a quelques jours. Soupçonné d’avoir causé la mort de quatre de ses patients en fin de vie, cet homme d’une cinquantaine d’années a été mis en examen pour « empoisonnement sur personnes vulnérables ». L’éclatement de cette affaire a fait renaître la […]

Le médecin urgentiste de Bayonne a relancé le débat sur l’euthanasie il y a quelques jours. Soupçonné d’avoir causé la mort de quatre de ses patients en fin de vie, cet homme d’une cinquantaine d’années a été mis en examen pour « empoisonnement sur personnes vulnérables ».

L’éclatement de cette affaire a fait renaître la polémique sur l’euthanasie et les politiques n’ont alors pas manqué de s’en emparer. Certains s’insurgent en France contre la politique de l’autruche sur la question du droit à mourir dans la dignité. L’euthanasie se pratique en France de façon plus ou moins clandestine sans aucun contrôle. La loi française se base sur le principe du droit à « laisser mourir », et autorise l’euthanasie dite « passive ». Elle stipule qu’avec l’accord du patient, le médecin peut décider d’arrêter un traitement en cours. En revanche, la loi interdit l’euthanasie « active », soit l’administration volontaire de substances provoquant la mort du malade. C’est l’option qu’a choisi le docteur Bonnemaison à l’hôpital de Bayonne. Le docteur risque la réclusion à perpétuité…

La Belgique est, après les Pays-Bas, le 2e pays au monde à avoir dépénalisé l’euthanasie. C’est la reconnaissance du droit fondamental de chaque être humain de rester maître de ses choix de vie et de mort et à mourir dans la dignité.

Depuis 2002 et l’entrée en vigueur en Belgique de la loi la dépénalisant partiellement, on n’a jamais autant eu recours à l’euthanasie. A raison de 85 déclarations par mois enregistrées depuis janvier, il est quasiment certain qu’on franchira les 1.000 euthanasies cette année, soit seulement 1 % des décès.

La grande majorité des affections qui ont donné lieu à une euthanasie étaient des cancers généralisés ou gravement mutilants et la plupart des patients avaient subi de multiples traitements à visée curative et/ou palliative. Les affections neuromusculaires évolutives mortelles viennent en second lieu (12%).
Dans 91,5% des cas, le décès était prévisible dans les jours ou semaines à venir et 80 % des euthanasies ont été pratiquées chez des patients âgés de 40 à 79 ans.

En France, une nouvelle loi pourrait être discutée après les élections présidentielles de 2012. D’ici là, d’autres malades mourront dans la dignité grâce à des médecins comme le docteur Bonnemaison qui prennent leurs responsabilités. (IH)

A lire aussi : http://fr.clint.be/actua/buitenland/euthanasie-mobilisation-sur-facebook-pour-le-docteur-bonnemaison

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